| 15 ans apres
par Alexianne
Alias
15 ans apres par Alexianne [Reviews - 60]
|
| Chapitre ou Fanfic | - Taille du texte +
J’ai toujours trouvé les cimetières apaisant. A chaque fois que j’ai eu besoin de réfléchir, de prendre une décision, de m’exiler, c’est à cet endroit, sur la tombe de mère que j’ai toujours trouvé refuge. Cela fait aujourd’hui 15 ans, que je viens régulièrement dans ce cimetière.
Je tente de me souvenir, de son visage, de son sourire, de sa voix, de son parfum tout en caressant les lettres située sur sa pierre tombale. Lorsque je sens une main sur mon épaule qui me ramène a la réalité. Je me retourne tout doucement, et je voix mon père, qui me regarde avec cette lueur de tendresse mêlée a la tristesse de ce jour.
Je me relève, et me blotti contre mon père. « Papa, parle moi de maman » J’entend ces mots sortir tous seul de ma bouche, je suis étonnée d’avoir osé les dire. En règle général, mon père et moi, ne parlons que rarement d’elle. Il la tellement aime, et sa mort la fait tellement souffrire.
Il m’entraîne vers un arbre, non loin de la tombe, puis me fait m’asseoir, et commence a me raconter le jour de leur mariage. « Tu aurais vue ta mère, elle était si belle, elle avait ce sourire que j’aimais tant, un peu le même sourire que toi d’ailleurs. Il n’y a pas a dire, tu as héritée de son sourire » me raconte t il en me caressant le vissage. Il continua pendant une heure, a me parler de ce jour, de temps en temps j’arrivai a apercevoir cette lueur de bonheur que je lui connaissais avant qu’elle nous quitte. Puis, il fixa la tombe, m’embrassa, et me demanda de ne pas rentrer trop tard a la maison. A peine avait il achevé sa phrase, qu’il était déjà loin de moi.
Je retourna un instant sur cette tombe qui m’est tellement familière, afin d’être encore un peu avec elle. Puis il fut temps de rentrer chez moi.
Alors que je passais la porte, je vis mon père assis devant une photo de maman. J’embrasse mon père, et je monte dans ma chambre. A ce moment j’entend une voix dans l’entrée de la maison. C’est la voix du meilleur ami de mes parents.
« Elle te manque encore ?
- Elle me manquera toute ma vie
- Tu ne crois pas qu’elle aurait voulu que tu vives normalement ?
- Je sais que c’est ce qu’elle veut, et pourtant je n’ai jamais réussi a l’oublier.
- Je te dis pas de l’oublier, mais de vivre
- Tu sais je m’en veux tellement de n’avoir pas réussi a la protéger, comme j’étais censé le faire.
- Tu ne pouvais rien faire, tu as tout tenté, mais c’était le destin. Tu ne pouvais pas lui faire éviter cette balle.
- J’étais son ange gardien, j’aurai du voire cet homme sur les écrans de contrôle. C’était mon travail, de la protéger et je n’ai pas su le faire. Résultat, notre fille a perdu sa mère, et moi j’ai perdue la seule femme que je n’ai jamais aimé.
- Vaughn, arrête de répéter ça en boucle. Cela fait 15 ans que Sydney est morte maintenant. L’agence ta disculper de tout erreur pour cette mission. Tu ne pouvais rien faire. Donc arrête de t’accuser de sa mort."
J’écoutais cette conversation, assise en haut de l’escalier. Je voyais mon père souffrire par la faute de cet homme, celui qui nous avait prive de ma mère. Cela me rendait folle de rage, j’aurai voulu a cet instant tuer ce monstre.
Assise en haut des escaliers, j’écoutais la conversation de mon père et d’Eric. A chaque parole qu’il prononçait, je ressentais la tristesse et la douleur qui subsistait en lui malgré le temps. Je ne savais plus quoi faire pour le soulager, le réconforter, pour combler le vide que maman avait laissé en lui, en disparaissant de cette manière.
Depuis sa mort, mon père n’était plus vraiment le même. Peu de temps après, il avait quitté le service actif de la CIA. Et au grand étonnement de tout le monde, il n’avait pas repris l’enseignement. Il était tout simplement resté à la CIA dans un service de recherche et d’information.
Personne ne comprenait son choix, même grand père était inquiet pour lui. Pourtant leur relation n’a jamais été très simple. De mes souvenirs d’enfants je ne garde aucune trace d’un souvenir heureux entre ces 2 hommes.
Grand père a toujours été très froid et distant avec lui, pourtant je ne les ai jamais vue ce quereller. Maman me répétait souvent « Ton grand père et ton père, c’est un peu comme l’ombre et la lumière, ils s’évitent, s’ignorent mais sont toujours la l’un pour l’autre » Je crois que je n’ai compris cette phrase que le jour ou j’ai sue que je ne l’entendrai plus jamais de sa bouche.
C’est Eric qui est venu m’annoncer que maman avait eu un accident. Je n’avais que 6 ans, et pourtant j’ai tout de suite compris ce qu’il n’osait pas me dire. Je le revois encore arriver dans mon école, les yeux rivés au sol pour éviter mon regard.
« Bonjour Eric, Papa et Maman ne peuvent pas venir me chercher aujourd’hui ? »
Cette question si innocente, si normale pour moi, l’avait crucifié sur place. Il m’avait serré si fort dans ses bras, que j’ai crue un instant que j’allais étouffer.
Puis il me raccompagna en silence chez moi. Le trajet du retour fut un véritable supplice pour lui et pour moi, j’avais des centaines de questions, et lui espérait que je n’en pose aucune. Il gara la voiture devant la maison, et la je compris la raison de son silence. Je vis les voitures concentrées autour de la maison. Je vis, les agents collègues de mes parents postés dans la rue et devant la maison. Je vis la voiture de grand père, ainsi que celle de mon père, mais j’avais beau chercher je ne trouvais pas celle de ma mère.
Assise à l’arrière de la voiture, je regardais Eric dans le rétroviseur.
« Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? »
A ces mots, il sursauta, et pour la première fois de la journée, il osa affronter mon regard d’enfant à travers ce miroir.
« Laura, il faut rejoindre ton père, il va tout t’expliquer
- Je ne rentrerai pas dans cette maison, tant que tu ne m’auras pas tout dit
- Laura ta maman a eu un accident aujourd’hui, maintenant faut qu’on rejoigne ton père »
Je l’avais en quelques sortes obliger a me dire ces mots, qu’il ce refusait de me dire. Je regardais ses yeux dans ce miroir, et je voyais qu’il tentait de ne pas ce laisser submerger par l’émotion.
Il me fit descendre de la voiture, et soit par tendresse, soit pour avoir la certitude que je ne m’enfuirai pas, il me prit la main pour m’accompagner. Mon grand père nous ouvrit la porte, et nous accompagna dans le salon. Mon père était assis la, les yeux dans le vague quasi inerte. C’est une fois installé, que grand père m’avoua la triste vérité sur l’accident de ma mère. Je me souviens encore de son désarroi face à mon regard d’enfant, face à mon attente d’information, de compréhension de la situation. Mais ce jour ci, je n’en su pas plus.
Les premiers jours sans elle, furent très mouvementés. Mon père était souvent absent, j’ai appris quelques années plus tard, qu’il recherchait activement le meurtrier de maman. Grand père ne passait que rarement à la maison, il restait loin de nous. Et les collègues de papa, se relayaient à mes cotés, afin que je me sente moins seul ou qu’il ne m’arrive rien. Mais ma vie de petite fille n’était plus la même. Ma vie entière venait de basculer.
|